Avril_1

Se replier dans le pli d’un repli de soi
Voilà une gymnastique
Que l’on pratique
Plus qu’aisément
A force de temps et puis d’habitude
A force d’à bout de forces
A force d’incertitudes
A force de devenir de moins en moins en moins en moins
Souple.

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Quelque part

Où en suis-je aujourd’hui?

Quelque part entre le passé et l’avenir, le passé qui vit défiler les jours les uns après les autres, heures, minutes, secondes, instantanés sitôt vécus que déjà évaporés, au moment même où ils se produisaient, en simultané pourrait-on dire, le fait de les vivre engendrant de lui-même leur propre perdition, intrinsèquement, entraînant avec eux les choses et les êtres, ces êtres qui partageaient notre espace-temps à ce moment-là, êtres qui existent encore ou qui furent engloutis au fil des années, le corps qui s’amoindrit, la chair qui se corrompt, le temps n’étant pas la cause de leur perte mais de leur précipitation, de leur course vers une finitude arbitraire et désolante, pour eux, pour nous, instantanés, choses et êtres, à jamais enfuis, à jamais perdus, condamnés donc à ne subsister que dans nos mémoires, fragiles réceptacles, si aisément faillibles.

Et l’avenir, constitué d’une soupe d’atomes, d’idées et de gestes potentiellement assemblés, indéterminés, ou déterminés selon les croyances, en gestation, en cours de construction, jusqu’à là encore cette fin qui nous menace tous, dont on sait, dont on est sûr et certain qu’elle sera, tout comme notre naissance a été, ces deux repères absolus et tangibles au point qu’ils sont parfois tout ce qui reste de l’existence de milliards de gens qui furent,  dates de naissance et de mort, de milliards de gens qui pourtant ont vécu, aimé, travaillé, désiré et refusé, construit ou détruit, durant des dizaines et des dizaines d’années, pour finir par aborder un monde éternellement meilleur diront certains, ou leur inéluctable dissolution diront d’autres.

Où en suis-je aujourd’hui?

Moi-même fruit du hasard, de l’instinct de survie des deux êtres qui aléatoirement me conçurent, dans un but inconscient sans doute de reproduction de l’espèce, espèce qui me fait honte souvent, dont je me désolidariserais volontiers, et je suis sûre de ne pas être la seule dans ce cas, mais soyons honnêtes, quel être humain préfèrerait vraiment être un castor, un radis ou un galet?

Où en suis-je aujourd’hui?
Si seulement je le savais.
Quelque part entre rien et rien, je suppose.

01/02/2017

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Lumières

Quel meilleur guide, quel meilleur support, quel meilleur espoir pour l’être humain que sa capacité à créer de la fiction? A se fabriquer, et à se raconter, depuis des temps immémoriaux, des histoires?

L’homme ne doit peut-être sa survie, et sa suprématie territoriale et technique sur les autres espèces animales (quoi que cette suprématie lui coûte aujourd’hui), qu’à sa facilité à fabuler.

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Août_1

Et puis les villes que l’on espère
Leur charme dégingandé, inique
Leur chaleur épique
Les privilèges qu’elles s’accordent
L’effet de surprise qu’elles s’octroient
Comme si elles n’étaient pas
Faillibles

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Juillet_3

Faire le vide en soi et autour de soi ne signifie pas taire
Ses doutes
Il faut se détacher de son harnachement
De cette carapace molle de stupeur
De cette imprécision
Et creuser oui creuser profond
Sous les plaies, les rides,
Les bosses et les égratignures
Il reste encore du songe à trouver
Poussons plus loin oui plus avant
Que le seul moment de ce silence forcené
Que nous nous accordons

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